• - Les années de guerre "civile" en URSS (1919-1922)

    - Les années de guerre "civile" en URSS (1919-1922)Nous donnons ici une chanson dans sa version remaniée de 1927, sans la référence à Trotski qui vient d'être exclu du PCUS (b) pour son opposition récurrente à la stratégie d'édification du socialisme et pour activités fractionnistes, après un vote de défiance humiliant du PCUS (b) dont seulement 0,5 % des 728 000 membres soutiennent alors la ligne de Trotski.

    Sur le rôle de précieux auxiliaire de la bourgeoisie internationale joué par Trotski, nous renvoyons à notre dossier sur le trotskisme.

    Ceci étant dit, cette première chanson décrit l'enjeu fondamental des années de la Guerre civile (1918-1922) qui fût (comme nous allons le voir ensuite plus en détails), en grande partie alimentée par les puissances impérialistes coalisées soutenant les armées Blanches.

    Déterminées à abattre le pouvoir soviétique qui venait de naître, elles forcèrent le PCUS (b) à instaurer le communisme de guerre. Le Baron noir dont il est question ici était l'amiral Piotr Nikolaïevitch Wrangel qui opérait dans le Caucase. Sous son commandement, les Armée blanches conquirent notamment Tsaritsyne au cours de l'hiver 1918-1919, ville qui fût renommée Stalingrad en 1925.

     

     

     "L’Armée Blanche et le Baron Noir (1920)"

    Белая армия, чёрный барон (1920)

     

    L’Armée Blanche et le Baron Noir
    Nous préparent de nouveau le trône du Tsar,

    Mais de la taïga aux mers britanniques,

    L’Armée Rouge est la plus forte.

    Refrain :

    Alors laissez cette [Armée] Rouge Agripper avec force
    Ses baïonnettes de ses mains calleuses,

    Et nous devons tous
    Irrépressiblement
    Aller nous battre jusqu'à la mort. (bis)

    Armée Rouge, en avant, marche !
    Le Soviet révolutionnaire appelle à la guerre,

    Car de la taïga aux mers britanniques,

    L’Armée Rouge est la plus forte !

    Refrain (bis)

    Nous alimentons un incendie mondial,

    Nous raserons les églises et les prisons.

    Car de la taïga aux mers britanniques,

    L’Armée Rouge est la plus forte !

    Refrain (bis)

     

    Белая армия, чёрный барон Снова

    готовят нам царский трон,

    Но от тайги до британских

    морей Красная Армия всех сильней.

    Припев :

    Так пусть же Красная
    Сжимает властно
    Свой штык мозолистой рукой,
    И все должны мы
    Неудержимо
    Идти в последний смертный бой ! (бис)

    Красная Армия,марш вперёд!

    Реввоенсовет нас в бой зовёт.

    Ведь от тайги до британских морей

    Красная Армия всех сильней !

    Припев. (бис)

    Мы раздуваем пожар мировой,

    Церкви и тюрьмы сравняем с землёй.

    Ведь от тайги до британских морей

    Красная Армия всех сильней !

    Припев. (бис)

    Mais à l'automne 1920, il fût forcé de battre en retraite devant l'Armée Rouge, laquelle, dans la région se trouvait alors sous le commandement de Staline, Vorochilov et du Maréchal Boudienny.4

    Comme la plupart des fonctionnaires et généraux tsaristes hostiles au pouvoir des Soviets, Wrangel opta pour l'exil afin de continuer le combat contre lui depuis l'étranger. Il importe de souligner qu'une partie du "mérite" de l'évacuation de ses troupes revînt à l'impérialisme français qui dépêcha notamment le croiseur-cuirassé Waldeck-Rousseau à cet effet.

     

    Cet autre chant datant également des années de la Guerre civile fait référence à la bataille de Primorye, qui eût lieu dans l'Extrême-Orient soviétique (située dans la région de Vladivostok) en février 1922. Cette bataille sonna le glas de l'intervention étrangère en Sibérie, alors essentiellement soutenue par l'Armée impériale japonaise qui engagea dans la région au total 70 000 hommes, contre 12 000 soldats américano-canadiens et 5 000 soldats français, anglais et italiens.

     

    Par les vallées et les montagnes (1922)

    По долинам и по взгорьям (1922)

    Par les vallées et les montagnes
    La division allait de l'avant,
    En vue de la bataille pour reprendre Primorye

    Bastion de l'Armée Blanche.

    Les drapeaux étaient tachés
    Ensanglantés par les derniers blessés,

    Alors qu'arrivaient fièrement les escadrons

    Des partisans de [la région] Amour.

    La gloire de ces jours ne s'estompera jamais,

    Ne disparaîtra jamais,
    Les groupes de partisans
    Occupaient la ville.

    Ils resteront dans la légende,
    Comme les feux brillants,
    [Des combats] de l'assaut nocturne de Spassk,
    Au cours des journées de [la bataille] de Volochaevsk.

    Les Atamans furent écrasés,
    Le [général] Voivod déguerpit,
    Et sur [les rivages] de l'Océan

    Pacifique Leur campagne prit fin.

    По долинам и по взгорьям

    Шла дивизия вперед,
    Чтобы с бою взять Приморье

    Белой армии оплот.

    Наливалися знамена

    Кумачом последних ран,

    Шли лихие эскадроны Приамурских партизан.

    Этих лет не смолкнет слава,

    Не померкнет никогда,

    Партизанские отряды

    Занимали города.

    И останутся как в сказке,

    Как манящие огни, Штурмовые ночи Спасска,

    Волочаевские дни.

    Разгромили атаманов,

    Разогнали воевод,
    И на Тихом океане

    Свой закончили поход.

     

    Parmi les raisons qui poussèrent les impérialistes étrangers à soutenir activement les débris du tsarisme contre le jeune URSS ne figuraient pas seulement leur haine "naturelle" pour le communisme, mais également le souci, pour le Capital financier international, de recouvrer la juteuse manne financière des emprunts russes répudiés par le décret soviétique du 29 décembre 1917.

    A lui seul, l'impérialisme français détenait la moitié de l'encours de ces emprunts dotés d'un (longtemps) confortable rendement de 5 %, mais qui devinrent du jour au lendemain des bouts de papier sans la moindre valeur. A la veille de la première guerre mondiale impérialiste, c'est un stock de 15 milliards de francs or, qui avait été investit dans les emprunts russes.

    Il faut dire que plusieurs décennies durant, les banques françaises avaient encouragé les petits porteurs à les acquérir et ce sont alors 1,5 million d'épargnants français qui en possèdent. Juste avant la guerre, les emprunts russes contribuaient à hauteur de près du tiers à l'épargne individuelle des français, et également à près du tiers des profits d'une banque comme le Crédit Lyonnais !...5

    Avant la Révolution d'Octobre, le régime tsariste était de type bourgeois-compradore, car étroitement lié au capital financier anglo-français qui contrôlait les branches clefs de l'économie russe.

    « Les intérêts anglo-français ne contrôlaient pas moins de 72 % du charbon, du fer et de l'acier, et 50 % du pétrole russe. Chaque année, plusieurs centaines de millions de livres sterling et de francs, sous forme de dividendes, de profits et d'intérêts, étaient tirés du travail des ouvriers et des paysans russes pour des intérêts étrangers alliés au tzar ».6

    Refusant de perdre la main sur ces richesses, les impérialistes étrangers étaient déterminés à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour abattre la jeune URSS. Les troupes Blanches de l'amiral Koltchak reçurent ainsi des Alliés, et en particulièrement des Anglais, une quantité colossale d'armement ainsi que des fonds.

    « Nous avons envoyé en Sibérie, raconta fièrement le général Knox, des centaines de milliers de fusils, des centaines de millions de cartouches, des centaines de milliers d'uniformes et de cartouchières, etc. Toutes les balles qui ont été tirées cette année sur les Bolchéviks par les soldats russes ont été fabriquées en Grande-Bretagne, par des ouvriers britanniques, avec des matières premières britanniques et transportées à Vladivostok sur des bateaux britanniques ».7

    A la fin de l'année 1919, l'impérialisme bitannique avait à lui seul fourni aux armées blanches pour 100 millions de £ de fournitures, soit environ 3,6 milliards € d'aujourd'hui... Ce sont finalement les victoires militaires majeures remportées par l'Armée Rouge ainsi que l'opposition grandissante à la Guerre contre la Russie des Soviets au sein de leur opinion publique, qui détermineront finalement les impérialistes coalisés à renoncer (pour un temps) à chercher à l'étrangler.

    Au printemps 1919, la flotte de guerre de l'impérialisme français qui opère alors en mer Noire ─ laquelle constitue alors un point d'appui stratégique pour le contrôle des gisements pétroliers du Caucase ─, est victime de vastes mutineries dont le camarade André Marty sera l'un des éléments moteur.

    - Les années de guerre "civile" en URSS (1919-1922) 

    Ci-avant : Du 26 au 28 avril, le croiseur-cuirassé français Waldeck-Rousseau, alors stationné devant Odessa, fût secoué par deux jours de mutinerie.

    Pour l'équipage de ce navire, le transfert sur un autre bâtiment d'André Marty, alors mis aux fers pour son rôle dans la mutinerie dont venait d'être victime le torpilleur Protet, fût la goutte d'eau qui fit déborder le vase...

    Alors officier-mécanicien, André Marty sera condamné à 20 ans de travaux forcés et ne sera libéré en 1923 que suite à une vaste campagne politique menée par le PCF dont il deviendra membre du Comité Central en 1926. Anti-impérialiste convaincu ─ ce qui lui vaudra d'être de nouveau incarcéré ─, il intégra les Brigades Internationales au cours de la guerre d'Espagne.

    Il jouera en outre un rôle actif éminemment positif au sein de la section française de l'Internationale Communiste dont il fût le secrétaire de 1935 à 1943. Tout au long de cette période, ainsi que dans les années de l'immédiate après-guerre, André Marty sera l'une des bêtes noires des social-chauvins infiltrés à la direction du PCF, direction qui parviendra cependant à la marginaliser dès 1947.

    A la fin de l'année 1952, les khrouchtchéviens français profiteront du durcissement de la lutte de classe interne qui traverse alors l'URSS ainsi que le mouvement communiste international, pour l'exclure du PCF en portant contre lui les accusations les plus ignobles.

    Comme on le voit, ce que l'on appelle assez improprement la Guerre civile russe fût en fait avant tout une agression militaire étrangère qui infligea à l'URSS naissante des destructions matérielles d'un montant colossal estimé à 60 milliards de dollars de l'époque et coûta la vie de pas moins de 9 millions d'hommes, de femmes et d'enfants, morts dans les combats ou des suites des conséquences induites par cette guerre.

    En 1921-1923, la jeune URSS victime des puissances impérialistes coalisées connaît la guerre, la famine, les épidémies, la ruine, le chaos économique ainsi qu'une vague de banditisme.

    Dans les années 1930, les nazis utiliseront les photographies de cette cruelle époque afin de "prouver" la "famine artificielle" soi-disant provoquée par Staline en Ukraine en 1932-1933 pour mater les paysans réfractaires à la collectivisation...

    Après plus de huit décennies, la bourgeoisie internationale continue de colporter les mensonges de la propagande nazie et les a même élevé au rang de "vérité historique". Une preuve de la remarquable capacité qu'a la bourgeoisie d'utiliser les preuves de ses propres crimes pour essayer de prouver les "crimes" de ses adversaires communistes !

    En 1923, les bolchéviks héritaient ainsi d'un pays agraire misérable, dont une grande partie de l'industrie avait été détruite ─ en 1920 la production sidérurgique soviétique était ainsi tombée à moins de 200 000 tonnes d'acier, soit à peine 5 % de son niveau de 1913 ! ─, et qui pouvait être à tout moment victime d'une autre agression militaire impérialiste... Alors à la veille de sa mort, Lénine résumait la situation dans laquelle se trouvait la jeune URSS de la façon suivante :

    « Les puissances capitalistes de l'Europe occidentale, partie sciemment, partie spontanément, ont fait tout leur possible pour nous rejeter en arrière, pour profiter de la guerre civile en Russie en vue de ruiner au maximum notre pays.

    Précisément une telle issue à la guerre impérialiste leur apparaissait, bien entendu, comme offrant des avantages sensibles ; si nous ne renversons pas le régime révolutionnaire en Russie, nous entraverons du moins son évolution vers le socialisme, voilà à peu près comment ces puissances raisonnaient, et de leur point de vue, elles ne pouvaient raisonner autrement. En fin de compte elles ont accompli leur tâche à moitié.

    Elles n'ont pas renversé le nouveau régime instauré par la révolution, mais elles ne lui ont pas permis non plus de faire aussitôt un pas en avant tel qu'il eût justifié les prévisions des socialistes, qui leur eût permis de développer à une cadence extrêmement rapide les forces productives ; de développer toutes les possibilités dont l'ensemble eût formé le socialisme ; de montrer à tous et à chacun nettement, de toute évidence, que le socialisme implique des forces immenses et que l'humanité est passée maintenant à un stade de développement nouveau, qui comporte des perspectives extraordinairement brillantes ».

    Pour lire l'intégralité, téléchargez le document ci-dessous :

    Télécharger « Le realisme_socialiste_chanson_sovietique-Light.pdf »

    Sur le même sujet :

    Télécharger « La_grande_conspiration_contre_la_Russie.pdf »

    Télécharger « La-lutte-contre-le-trotskisme.pdf »

     

    « - La révolution cubaine racontée par ceux et celles qui l'ont faites (Vidéo)- Les résultats de la collectivisation sous Staline »
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