• - Le communisme, une idéologie calomniée

    - Le communisme, une idéologie calomniéeQui n’a pas déjà entendu cette phrase : « Le communisme, c’est 100 millions de morts » ?

    Une phrase incapable de montrer quoique ce soit qui sonne plus comme un slogan publicitaire qu’autre chose, d’ailleurs délivrée très souvent par des anticommunistes primaires n’ayant pas les moyens d’entrer dans un vrai débat.

    Qui n’a pas déjà entendu cette phrase : « Le communisme, c’est 100 millions de morts » ? Une phrase incapable de montrer quoique ce soit qui sonne plus comme un slogan publicitaire qu’autre chose, d’ailleurs délivrée très souvent par des anticommunistes primaires n’ayant pas les moyens d’entrer dans un vrai débat.

    Cette phrase comprend de nombreuses erreurs et sous-entendus, tout d’abord le chiffre en lui-même. Dans un article du Monde du 14 novembre 1997 Nicolas Werth et Jean-Louis Margolin, deux co-auteurs du Livre noir du communisme (respectivement de la partie soviétique et asiatique), récapitulent les désaccords d’au moins la moitié des co-auteurs avec le chapitre introductif de Stéphane Courtois, dans cet article ils dénonçaient des chiffres « abusifs, non justifiés » et accusaient Courtois d’avoir manipulé leurs chiffres de morts, de les avoir augmenté sans raison à partir de leurs propres études. Pour ces co-auteurs la moyenne « réelle » des victimes du communisme, d’après leurs comptes, serait d’environ « 79 millions » [1], ça ne m’étonnerait pas que ce chiffre soit encore surestimé. Ce n’est pas « peu », mais on est déjà loin des « 100 millions de morts » annoncés fièrement par Courtois. C’est grave. Grave de jouer avec les cadavres à des fins de propagande politique. Comment peut-on prendre au sérieux un historien qui fait clairement passer l’idéologie avant l’histoire ?

    Soljenitsyne disait en son temps que Staline avait tué 66 millions de personnes. Rien que ça. Aujourd’hui même les historiens les plus fantaisistes en rigoleraient. Le communisme est sans aucun doute l’idéologie la plus calomniée de tous les temps, et pour cause !

    Un peu d'humour avec cette vidéo :

     

    Dire en bloc que le « communisme a fait X millions de morts » ne mène à rien, il faut faire preuve d’esprit critique. Il faudrait déjà distinguer les victimes directes (exécutions, goulag…) des victimes indirectes (guerres, famines) qui forment la plupart des victimes totales. Par exemple la guerre civile et internationale contre la Russie soviétique et le « Grand bond en avant » (1958-1961) serait l’unique faute des communistes, pour le premier je ne pense pas avoir besoin d’argumenter, en revanche le deuxième est plus complexe, c’est l’événement le plus meurtrier du tableau et mériterait qu’on s’y penche un peu.

    Comme l’écrit l’historien britannique Eric Hobsbawm dans The Age of Revolution: 1789-1848 (1962) presque toute réforme agraire, progressiste ou pas, entraîne d’abord le désastre. Il cite de nombreux cas en Europe et quelques uns en Asie. Une ou deux années de bouleversements politiques et économiques entraînent discontinuité et dysfonctionnement, facteur de rupture d’approvisionnement de biens, alimentaires et autres. Pourquoi le Grand bond en avant (et le « Grand tournant » soviétique en 1929) seraient des exceptions, surtout qu’il s’agissait de pays extrêmement pauvres ou la moindre convulsion pouvait tout faire basculer ? D’autant plus que les objectifs étaient valables : il s’agissait d’accélérer le développement économique. Plus particulièrement concernant la Chine, il ne faut pas négliger et prendre en compte les facteurs ayant contribué et catalysé la famine (sans être leur cause intégrale), tout d’abord les catastrophes naturelles intervenue à ce moment-là qu’on oublie trop et qui sont bien réelles, par exemple [2] :

    • en mars 1959 la région du Hunan était intégralement inondée, peu après les récoltes de printemps dans le sud-ouest avaient été perdue par la sécheresse
    • en juillet 1959 le débordement du fleuve Jaune qui inonda la Chine orientale est l’une des catastrophes naturelles les plus criminelles du XX° siècle et affecte sévèrement les récoltes,
    • en 1960 55% des récoltes ont été affecté par la sécheresse et autres intempéries, dans le nord 60% des récoltes n’avaient n’a pas reçu d’eau de pluie du tout

    Sans oublier la « campagne des 4 nuisibles » qui consistait à liquider quatre espèces animales comme les moineaux qui étaient réputées détruire les récoltes, or ces animaux se nourrissaient d’insectes qui ont pu proliférer et attaquer les récoltes avec encore plus d’intensité. Mao n’était pas un dieu, il ne pouvait pas contrôler les catastrophes naturelles et pouvait commettre des erreurs. Ces deux facteurs, qui n’expliquent bien sûr pas tout, n’ont aucun rapport avec l’idéologie communiste.

    Bien sûr on a oublié que Mao, malgré ses lacunes, a tout de même réussi à sortir son pays de la misère extrême en peu de temps : l’espérance de vie passe de 35 ans en 1949 à 65 ans en 1976, soit près du double. Une évolution similaire aux autres pays socialistes comme l’URSS et l’Albanie et qui est loin d’avoir été aussi rapide dans nos pays occidentaux.

    Pour plus d’informations sur la famine en Chine voir cet articleL’erreur de Mao est d’avoir voulu sauter par dessus les conditions matérielles qui auraient permis une hausse de la production agricole : une base agro-technique nouvelle. Mais pour cela il aurait fallu préparer, comme en URSS, la collectivisation sur la base de la mécanisation, qui elle-même nécessitait au préalable de mettre l’accent sur l’industrie lourde…

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    Les communistes seraient des méchants aux 100 millions de morts qui aiment égorger les enfants, il ne faut pas donc pas chercher d’alternative à l’exploitation de milliards d’individus par une poignée de capitalistes et de banquiers (sinon c’est le bolcho totalitaire au couteau entre les dents !). C’est le message qu’ils veulent faire passer, n’y faites pas attention. Regardez la réalité en face et réfléchissez par vous-même.

    Depuis le collège on apprend aux jeunes que Staline était un tyran qui ne valait pas mieux qu’Hitler, ils aimeraient assimiler le racisme à l’humanité unifiée en les étiquetant tous les deux comme « totalitaires », et les élèves passent leur bac dans ces conditions. Ainsi les jeunes ne prennent pas la peine de réfléchir ; le communisme c’est mal et puis c’est tout.

    L’Union Européenne condamne officiellement le « communisme totalitaire », dans certains pays comme la Pologne (jusqu’en 2011) et les pays baltes il est interdit de faire « l’apologie du communisme », autrement c’est la prison, et les défilés pro-SS y sont fêtés en grande pompe. En même temps l’UE a refusé de condamner le nazisme. Le parallèle bidon « communisme = nazisme » de la part des capitalistes, comme si les deux étaient mis dans le même sac, est trompeur, en réalité ils ont depuis longtemps choisi le nazisme.

    Et à ceux qui disent « comment peut-on être communiste après le goulag ? », nous leur répondons : comment peut-on être catholique après l’Inquisition ?

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    La guerre des chiffres n’a pas beaucoup d’utilité étant donné que l’on peut trouver des chiffres bien plus élevés pour le capitalisme comme ceux présentés dans le Livre noir du capitalisme (100 millions de morts au XX° siècle) et les millions de morts de faim chaque année de nos jours dans un monde de surproduction et de spéculation sur les matières premières. Jean Ziegler avait dit avec raison : « Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné ». Faisons un calcul simple : selon le Programme alimentaire mondial (PAM) 37 000 personnes meurent de faim chaque jour, soit 13,5 millions par an, sur 10 ans on dépasse largement la barre des 100 millions. [3] Les capitalistes n’ont aucune leçon à donner.

    Lâchez vos préjugés et écoutez d’abord ce qu’ont à dire les communistes et les marxistes, peut-être ont-ils des réponses aux problèmes actuels. Je vous invite à étudier sérieusement ce qu’est le communisme, à étudier ces régimes avec plus d’objectivité, tout n’est pas noir ou blanc, il y eut également de grandes réalisations et même Werth et Margolin, dans l’article cité, admettaient que « [le communisme] ne fut ni partout ni constamment massacreur » et remettaient en cause le prétendu « lien direct » entre crimes de masse et idéologie communiste (thèse de Courtois). Vous pouvez être sûr que si les Etats-Unis avaient perdu la guerre froide on n’aurait retenu d’eux que le génocide amérindien, la traite des noirs, les bombes atomiques sur des civils, les lois racistes Jim Crow, la collaboration avec le nazisme, les expansions impérialistes… Mais on en retient souvent que la « liberté » et les beaux taxis jaunes de New York !

    Voir également : Le communisme et les fameux 100 millions de morts : une manipulation ?
    Sortie de crise : le communisme la seule voie ? 

    Notes : 

    [1] : http://glasscock.tamu.edu/nehss2012/images/Werth_Communisme_retour_a_lhistoire.pdf
    [2] : http://www.disastercenter.com/disaster/TOP100K.html
    Mao and Lincoln, Part 2: The Great Leap Forward not all bad, Henry C. K Liu, 1er avril 2004, Asiatimes.com
    [3] : http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/18/un-enfant-qui-meurt-de-faim-est-un-enfant-assassine

    Source : https://progreshumain.wordpress.com/2015/02/17/le-communisme-une-ideologie-calomniee/

    « - La revue "QUE FAIRE - JOURNAL D'INFORMATION COMMUNISTE" N° 5 est parue- 1960 – L’OTAN commandé par l’homme de confiance de Hitler, celui qui planifia l’invasion de la Russie »
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