• - La démocratie soviétique (avant la période de désagrégation de l'URSS par les révisionnistes)

    - La démocratie soviétique (avant la période de désagrégation de l'URSS par les révisionnistes)(Extraits du texte "La démocratie soviétique" de Zaslavski, édité en 1946)

    L'Union Soviétique fut le premier Etat socialiste soviétique. Cet Etat créa une nouvelle économie et une nouvelle forme de gouvernement, à savoir les Soviets.

    L'Union Soviétique voit paraître une multitude de livres contenant des données statistiques et de la documentation sur le développement industriel, les progrès des kolkhoz, les bilans de la production annuelle, le rendement agricole. La presse quotidienne abonde en indications détaillées sur la vie du pays. Le collectivisme qui y est appliqué signifie que les plans de nouvelles entreprises, les nouvelles méthodes de travail sont examinés et discutés non pas dans le bureau d'un entrepreneur, mais dans les réunions publiques où la presse a accès. Les inventions des stakhanovistes deviennent l'apanage du peuple entier. Nous ignorons les « secrets de production », sous la forme où ils existent dans l'industrie capitaliste, où le propriétaire d'une entreprise est aussi le propriétaire du secret.

    Le régime soviétique est démocratique sous tous ses aspects, y compris son aspect économique.

     

    Dans aucun pays du monde, l'observation de la vie n'est aussi libre que dans le pays soviétique.

    Cela découle de la quintessence même de l'économie socialiste. On sait que l'émulation socialiste est le facteur principal d'accroissement de la productivité du travail dans le pays soviétique. L'émulation socialiste fait pénétrer des centaines de milliers, des millions d'ouvriers, de contremaîtres, d'ingénieurs et d'employés dans la vie sociale du pays. Il est indispensable qu'ils sachent ce qui se passe dans l'entreprise en « état d'émulation » ; les résultats sont discutés dans les réunions publiques où l'on arrête les bilans mensuels des réalisations individuelles. Il en est de même, aussi bien dans l'industrie que dans l'agriculture.

    Tous les ans, a lieu l'attribution des prix Staline pour les réalisations les plus remarquables dans les domaines de la science, de la technique, de la littérature, de l'art. Tout le peuple soviétique est ainsi mis au courant des travaux des instituts, des laboratoires, des bureaux et des studios. Tout cela obtient la plus large publicité, tous les noms sont connus. Seuls, les travaux qui sont en rapport direct avec la défense nationale constituent une exception : les secrets militaires sont gardés dans le pays soviétique comme dans n'importe quel autre pays.

    On entend les étrangers s'interroger beaucoup au sujet du système d'administration soviétique, au sujet des Soviets. On se demande ce qu'il représente. On dit que ce n'est pas de la démocratie.

    Dans les démocraties bourgeoises, le pouvoir est divisé. Les ouvriers ont beau avoir des élus politique dans un Parlement, le pouvoir sur les richesses du pays, sur ses usines, chemins de fer et capitaux appartient aux propriétaires capitalistes. La propriété foncière est généralement entre les mains des propriétaires terriens. Or, la possession des moyens matériels et des moyens de production est la base de toute autorité. Même le fait de réunir une majorité électorale ne donne pas de pouvoir réel aux représentants des ouvriers. Le vrai pouvoir demeure entre les mains de la minorité capitaliste. Peut-on alors considérer comme une vraie démocratie un Etat où le pouvoir est entre les mains d'une minorité ? Non, un pareil Etat ne constitue qu'une démocratie de façade.

    L'argument qu'on entend invoquer le plus souvent contre la démocratie soviétique est basé sur le fait que l'Union Soviétique ne connaît qu'un parti politique, à savoir le Parti bolchevik. Cependant, disent les critiques, on ne saurait concevoir une démocratie sans l'existence de deux, trois ou plusieurs partis. Certains croient cette critique convaincante. Habitués à voir dans leurs pays la lutte des partis, ils sont persuadés qu'il ne saurait y avoir de société sans partis politiques. Ils voient dans les partis un élément qui a toujours existé dans les pays démocratiques, qui y existe encore et devra toujours exister. Les partis sont considérés comme la base indispensable de toute démocratie.

    Les critiques de la démocratie soviétique, fermant les yeux sur la réalité, affirment que l'Etat soviétique n'est pas une démocratie, parce qu'il ne connaît qu'un parti politique.

    Si l'on considérait la pluralité des partis politiques comme le critérium de la démocratie, il eût fallu que leur existence fût mentionnée par les Constitutions démocratiques. Or, l'examen attentif, article par article, de la Constitution des Etats-Unis, cette aïeule de toutes les Constitutions européennes, ne nous révèle aucune mention des partis politiques.

    Si le nombre des partis politiques devait être l'indice du caractère démocratique d'un pays, la primauté reviendrait à la défunte monarchie austro-hongroise. Il y eut dans son Parlement presqu'autant de partis que de députés.

    Il y a deux grands partis politiques, fort anciens, aux Etats-Unis, et trois en Angleterre. Faut-il en conclure que la monarchie anglaise est une fois et demie plus démocratique que la République américaine ? Il y avait avant guerre plus d'une dizaine de partis politique au Parlement français. Il y en eut beaucoup moins aux dernières élections à l'Assemblée constituante. Faudrait-il en déduire que la France est devenue moins démocratique ?

    Il suffit de poser cette question pour se rendre compte à quel point il est inconsistant et insensé de vouloir déterminer le degré de démocratisation au moyen de cette arithmétique élémentaire.

    La tendance à la diminution du nombre des partis n'est nullement l'indice de l'affaiblissement du sens démocratique ou de la contraction du domaine de la démocratie.

    Il n'y a pas aux Etats-Unis deux partis bourgeois. Il n'en existe en réalité qu'un seul. C'est le parti de la grande bourgeoisie financière et industrielle aux deux ailes « démocratique » et « républicaine ».

    Le pays soviétique est pour l'instant l'unique pays au monde où il n'existe ouvertement qu'un seul parti politique, reconnu par la Constitution de l'U.R.S.S. Loin de le cacher, le peuple soviétique le présente au monde entier comme un phénomène nouveau propre à une démocratie d'un nouveau type, comme un phénomène de la démocratie soviétique.

    Le pouvoir y appartient au peuple et au peuple seul qui est le maître de toutes les richesses de la terre.

    C'est dans l'intérêt exclusif du peuple que travaillent l'industrie et l'agriculture soviétiques Seuls, les représentants des ouvriers, des paysans et des intellectuels, les élus du peuple, exercent le pouvoir. Les intellectuels soviétiques constituent une partie intégrante de la classe ouvrière et paysanne.

    L'unité de la démocratie soviétique et le système du parti unique qui en est la base constituent également le résultat d'un processus historique. La proclamation officielle de la forme socialiste de l'Etat eut lieu, comme on le sait, en novembre 1917. Mais le capitalisme n'y disparut pas pour autant en un jour.

    Certaines entreprises privées continuèrent à exister et, d'autre part, les paysans se virent octroyer des parcelles de terre en pleine propriété. Les classes capitalistes demeuraient donc toujours. D'autres partis étaient représentés dans les Soviets de l'époque. C'étaient des partis d'opposition et ils reflétaient dans les Soviets la lutte des classes qui se poursuivait dans la vie. Le socialisme l'emportait dans la vie et l'influence des partis bourgeois allait en déclinant. Nul ne saurait dire combien eût duré ce processus si les adversaires du pouvoir soviétique n'eussent pas déclenché la guerre civile.

    Cela mit fin à la lutte d'opposition légale dans les Soviets. La bourgeoisie prit les armes contre la classe ouvrière. Les paysans se rangèrent du côté des ouvriers. Cette lutte armée eut pour résultat la défaite des partis contre-révolutionnaires, des constitutionnels démocrates, des menchéviks et des socialistes-révolutionnaires, qui furent écrasés.

     

    Le pays soviétique est gouverné et ne peut être gouverné que par le peuple ; ce sont les travailleurs, les ouvriers, les paysans et les intellectuels qui constituent les seules couches sociales du pays et qui y exercent le pouvoir. Le pouvoir central et local est entre les mains des Soviets élus et ces Soviets ne comprennent que des travailleurs.

     

    Les élections au Soviet suprême, qui est l'organisme supérieur de l'Union Soviétique, ont lieu tous les quatre ans sur la base du suffrage universel et au moyen d'un vote direct, égal et secret.

    Les circonscriptions électorales sont fixées à raison d'un député par 300.000 habitants.

     

     

    Le premier acte — de beaucoup le plus important — qui marque l'ouverture de la campagne électorale de tous les Etats, est la désignation des candidats. C'est par là que la campagne débute. Rien n'est fait tant que les candidats ne sont pas désignés. Souvent la moitié de la besogne est accomplie lorsqu'un candidat est choisi.

    Dans quelles conditions cet acte important a-t-il lieu dans les pays bourgeois ? Qui présente les candidatures des futurs représentants du peuple, des guides de sa vie politique ? Ce sont les partis politiques qui, dans les pays bourgeois, présentent les candidats.

    Quels que soient l'influence et le nombre d'adhérents des partis politiques dans les différents pays, ils n'en constituent pas moins une minorité. Il s'agit parfois d'une minorité insignifiante. L'influence des partis républicains et démocrates aux Etats-Unis ne saurait être contestée, mais le nombre de leurs membres permanents est peu élevé. Ce qui fait la force de ces partis, c'est leur « machine » électorale, cet appareil à organiser les élections, et non pas le nombre de leurs adhérents.

    C'est pour cela que, seule, une minorité prend part, au début, à la préparation des élections. Les sans-parti qui forment partout une majorité écrasante, qui constituent précisément le « peuple » au vrai sens du mot, se trouvent à l'écart de la préparation. Ils n'arrivent que plus tard, lorsque « tout est prêt » ou, plus exactement, lorsque tout est artificiellement préparé. Or, préparer une action c'est, le plus souvent, la réaliser.

    Cela n'est guère de la démocratie. En agissant ainsi, on s'écarte manifestement de la démocratie. On ne saurait considérer comme démocratique une pratique où l'acte le plus important est accompli par une minorité, alors que la majorité est condamnée à un rôle passif. Elle n'a rien à dire, rien à faire. Dans la première phase, la plus importante, le peuple n'est qu'un spectateur muet. Il attend qu'apparaissent, de derrière la coulisse, sur la scène politique, des candidats désignés par on ne sait qui et parmi lesquels, à l'exclusion de tous autres, il aura à faire son choix.

    De telles élections ne sauraient être considérées comme une œuvre populaire. Ce sont des élections faites dans les cadres étroits des partis. Et si l'on considère que, dans beaucoup de pays qui se qualifient de démocraties, les seuls partis politiques en lice sont les partis bourgeois, il apparaîtra avec évidence que, dans la phase initiale, seules les classes possédantes organisent les élections. Le peuple se trouve totalement écarté de l'organisation et de la préparation des élections. On ne saurait qualifier une telle pratique de démocratique.

    Comment s'effectue la nomination des candidats ? Comment fait-on la sélection de ceux qui, seuls, auront le droit de briguer les voix des électeurs ? Partout, dans les pays bourgeois, c'est le secret des partis politiques. C'est la besogne des petits cercles politiques, des comités. On sait qu'aux Etats-Unis les candidats sont désignés par le boss qui est le chef de la « machine » du parti. Les objections contre les candidats ne peuvent être présentées que dans les cadres très étroits du parti, par les membres de ceux-ci. Les électeurs sans-parti ne peuvent soulever aucune critique. Personne ne demande leur avis. On s'efforce, au contraire, de tenir secret le nom du candidat jusqu'au dernier moment, jusqu'à son approbation par les instances du parti.

    Quels sont les motifs dont s'inspirent les comités des partis lorsqu'ils mettent en avant les candidats ? Les conditions auxquelles ceux-ci doivent satisfaire varient, mais la condition primordiale et décisive est la soumission du candidat à la clique du parti. La « machine » ne laisse passer que ceux qui ont été sélectionnés par le boss, le patron de la machine. La candidature d'un sans-parti est rigoureusement impossible. Aucun parti ne la posera, quels que soient l'intelligence, la noblesse de caractère, le dévouement au peuple et le sens patriotique du sans-parti.

    Il apparaît ainsi que, dans les pays bourgeois aux Constitutions démocratiques, les sans-parti se trouvent écartés non seulement du premier stade, à savoir de la préparation des élections, mais également du second, qui est l'acte même de candidature. Or, les sans-parti constituent la majorité écrasante de tous les pays.

     

    Quoi qu'on en dise, l'immense majorité du peuple se trouve dans l'impossibilité de désigner ses candidats. Seule une minorité les désigne. Cela ne saurait être qualifié de vraie démocratie.

    On peut admettre, à la vérité, que les boss qui sont à la tête des machines électorales des partis bourgeois ont intérêt à ce que les candidats jouissent d'une certaine popularité, que leurs noms soient connus des électeurs. Il faut que leur candidature ait des chances de succès. Le parti ne peut que profiter de la popularité des candidats et de la confiance qu'ils inspirent aux électeurs. Mais cette condition, quoique importante, n'est pas essentielle. Si le candidat n'est pas suffisamment populaire, il appartient à la propagande électorale de créer cette popularité. Si le candidat n'a pas de qualités, il faut l'en doter artificiellement.

    Cela est une déformation de la démocratie. En ayant recours à de pareils procédés, on se joue du peuple.

    Il arrive souvent que les gens qui n'appartiennent à aucun parti, et ils sont la majorité, connaissent parfaitement les deux candidats en présence ; ils savent qu'il s'agit d'individus de réputation douteuse, qu'ils sont loin d'être les meilleurs dans leur circonscription, qu'ils sont peut-être les pires et que leur désignation est le résultat de louches tractations... Pour qui voter alors ? L'électeur préfère ne voter pour personne. Il reste simplement à l'écart, ne voulant pas participer à une comédie. Cela s'appelle l'abstentionnisme. En définitive, une partie importante de la population tourne le dos à la vie politique. Cette réserve ne signifie pas toujours l'inconscience politique. Elle est souvent le résultat d'une attitude réfléchie et d'un esprit critique à l'égard de la démocratie bourgeoise qui a abouti à sa propre négation.

    Nombreuses sont les villes en Angleterre, en Amérique, en France, où il existe des hommes respectés, appréciés par leurs concitoyens sans distinction de parti. Ainsi, un médecin, habitant sa ville depuis longtemps, désintéressé, dévoué et scrupuleusement honnête. Ou bien un ingénieur de talent, un architecte, un savant universellement connu et respecté ou enfin un travailleur manuel, un artisan, un contre-maître, un ouvrier connu, estimé et considéré pour sa probité, sa compétence et son amour de la patrie. Il y a partout des gens d'élite. On en est fier. On les cite en exemple aux enfants. Après leur mort on leur érige parfois un monument... Mais ils ne peuvent être élus députés s'ils n'appartiennent pas à un parti politique, s'ils ne font pas partie de la « machine ».

     

      

    La situation est radicalement différente en Union soviétique. Voyons d'abord la formation de la commission électorale centrale et des commissions locales qui ont pour tâche de veiller à la régularité des élections. Dans d'autres pays, la formation de ces commissions constitue une simple formalité. Elles sont composées de représentants désignés par les partis qui, de concert avec les fonctionnaires municipaux, font procéder aux opérations du vote. Le peuple n'y a point accès. La condition essentielle, le caractère public de leurs délibérations, n'est pas observée. Du reste, le peuple se désintéresse généralement de la formation de ces commissions.

    Au pays soviétique, le peuple participe dès le début à cette œuvre d'Etat d'une importance capitale. Les commissions électorales doivent avoir la confiance du peuple. Il ne saurait y avoir ni erreurs ni abus. La loi soviétique est sacrée. Les candidats composant les commissions électorales sont élus dans les réunions publiques des travailleurs. Chaque candidature est l'objet d'une discussion approfondie. La presse commente les candidatures.

    La Commission électorale centrale est composée de personnes que le pays tout entier connaît et apprécie et dont la fidélité au peuple et la probité absolue sont notoires. Lors des élections de 1946, la Commission électorale centrale comprenait non seulement des hommes politiques éprouvés, qui avaient la confiance de millions de citoyens soviétiques, mais également des hommes, étrangers jusqu'alors à toute activité politique, mais que le pays connaissait et aimait. Le célèbre aviateur Pokrychkine, trois fois Héros de l'Union Soviétique, L'éminent écrivain Tikhonov, l'académicien Bouïevitch en faisaient partie. Et, côté à côte avec des héros, des écrivains, des savants et des hommes politiques, s'y trouvaient des paysans kolkhoziens et des ouvriers qui, par leur travail consciencieux, leur désintéressement et leur dévouement au peuple, avaient conquis l'estime de leurs concitoyens. Il y avait parmi eux des communistes, il y avait aussi des sans-parti. Ce sont les mérites qui comptent, et non pas l'adhésion au parti.

     

    Dans le village Stepnoïe de la région de Saratov, on désigna comme candidat à la Commission centrale, le paysan Féraponte Golovaty, connu de toute la nation. Il fut désigné dans une réunion publique par les paysans de son village et les journaux publièrent les comptes rendus détaillés de son élection. Qui est Féraponte Golovaty ? C'est un simple paysan. Il n'est plus jeune. Pendant la guerre, il fit don de toutes ses économies pour la construction d'un avion et provoqua ainsi un vaste mouvement populaire. Suivant l'exemple de Féraponte Golovaty, des milliers et des milliers de paysans offrirent leurs économies au profit de l'Armée rouge. Le nom de Féraponte devint célèbre dans tous les coins de notre pays. Il visitait le front. On donna son nom à l'avion construit avec ses économies.

    Il demeura le simple paysan qu'il était. C'est un homme modeste. Mais il apparut au pays comme un vrai patriote soviétique, et le pays le voit maintenant récompensé par un suprême honneur et par une haute confiance. Il a pour tâche de contrôler les élections, et l'on peut être certain qu'aucun abus n'est à redouter lorsque le contrôle est exercé par des hommes tels que Féraponte Golovaty.

    Dans la ville d'Ivanovo, qu'on appelle le Manchester soviétique les ouvriers de l'industrie textile envoyèrent à la Commission électorale centrale l'ouvrière Taïssia Ivanovna Chouvandina. Elle est connue de toute la ville, de toute la région. Elle devint célèbre en donnant l'exemple d'un travail plein d'abnégation et d'esprit d'initiative. C'est elle qui battit un record en desservant à elle seule vingt métiers. Par son travail, elle, simple ouvrière, fut récompensée par la haute décoration soviétique, l'ordre de Lénine. Elle fut désignée au cours d'une réunion publique où se pressaient de nombreux ouvriers. On y parlait de sa gentillesse, de son don d'organisation. Une vieille tisseuse prit la parole. Elle dit :

    — Cela fait plus de vingt ans que nous travaillons avec Taïssia Ivanovna. On ne saurait trouver de meilleur candidat à la Commission électorale. J'approuve ce choix.

    Dans la région de Kalinine, on désigna pour la Commission centrale de vote une paysanne présidente de kolkhoz, Nina Pylaïeva.

    Que disait-on d'elle à la grande réunion publique ?

    — Nina Andréïevna est une personne digne. Elle aborde tout en bonne ménagère. Sous sa direction le kolkhoz ne fait que s'enrichir. On a construit un moulin, installé l'électricité, la radio, aménagé la basse- cour. Le rendement par journée de travail s'est accru. La camarade Pylaïeva peut rendre de grands services dans une œuvre d'Etat.

    Et qu'est-elle-cette Pylaïeva ? Communiste ou sans-parti ? Le compte rendu publié dans le journal n'en fait aucune mention. Peut-être est-elle communiste. Peut-être pas. L'essentiel c'est qu'elle jouit d'une confiance illimitée des communistes et des sans-parti. Elle est leur candidate commune.

    Ainsi, se développait une grande campagne nationale politique autour d'un acte qui, dirait-on, ne constitue qu'une simple formalité puisqu'il ne s'agissait que de la formation de commissions électorales. Cette campagne est toujours très animée. Elle montre d'emblée un trait essentiel des élections soviétiques : celles-ci constituent dès leur début un processus de sélection des meilleurs citoyens du pays. Les élections représentent le total des résultats acquis par le peuple pendant la période écoulée. Elles placent au premier rang tous les citoyens soviétiques — qu'ils soient de célèbres savants ou de simples kolkhoziens — qui ont servi avec dévouement le peuple, enrichi l'économie de la nation et fait progresser la culture soviétique.

    Le peuple voit que ce n'est guère une langue bien pendue, la fortune et l'agilité des mains que l'on demande à un homme politique, mais de l'honnêteté, de l'intelligence et du talent placés au service de la nation.

    La formation de la Commission électorale centrale et des commissions locales est suivie par la présentation des candidats à la députation. Nous avons montré la pratique des pays bourgeois.

    Dans le pays soviétique, les masses populaires participent largement à cette deuxième phase de la préparation aux élections. D'après la loi électorale soviétique, toute organisation sociale agissant en vertu des dispositions légales soviétiques, qui posent le principe de la liberté d'association, est habilitée à présenter des candidats à la députation. Cela est vrai du Parti communiste qui compte près de six millions de membres, ou des Jeunesses communistes qui groupent des millions de jeunes gens.

    Il en est de même des unions syndicales avec leurs dizaines de millions de membres, des sociétés coopératives qui englobent toute la paysannerie, et des millions de citadins et des associations scientifiques, culturelles et sportives.

    Il va de soi qu'aucun dépôt en argent n'est exigé des candidats.

    Les élections mettent en mouvement les millions d'hommes et de femmes qui habitent l'Union Soviétique. La préparation des élections est l'œuvre d'une majorité importante de la population. Le peuple n'est pas un spectateur passif. Il ne se trouve pas devant un rideau baissé derrière lequel les politiciens dressent en cachette des décors sur la scène électorale. La désignation des candidats se déroule, au contraire, au grand jour, dans les réunions publiques et en présence des représentants de la presse. Chaque candidature est minutieusement examinée. Les communistes et les sans-parti travaillent côte à côte. Dans de telles conditions il ne saurait être question d'une nomination imposée d'en haut. L'organisation sociale — qu'elle relève d'un parti, d'un syndicat professionnel ou d'une coopérative — a la charge de démontrer que son candidat est digne de figurer sur un bulletin électoral. Il apparaît donc avec évidence que le deuxième stade constitue également une sélection des meilleurs citoyens du pays.

    Cette sélection s'accompagne-t-elle d'une compétition ? Le peuple témoigne-t-il de l'intérêt pour les élections ? On ne saurait y répondre que par l'affirmative. Comme l'a fait remarquer Staline, chaque candidat doit répondre aux questions suivantes : « Qu'as-tu fait pour le peuple ? De quelle manière as- tu contribué à son bien-être ? »

    Tout le passé d'un candidat est soumis au contrôle du peuple, et s'il y a le moindre doute, sa candidature est écartée. Et il ne se trouvera pas d'organisation qui tenterait, dans cette atmosphère de publicité, de soumettre aux électeurs une candidature qui ne serait pas pure de tout reproche. Il en est de même des communistes et des sans-parti.

    Les sans-parti jouent un rôle de premier plan dans la préparation des élections. Le Parti communiste, les bolcheviks, ne prennent pas le contrepied des sans-parti et n'essaient pas de s'en désolidariser. Bien au contraire, les bolcheviks se font un devoir de coopérer étroitement et solidairement en vue des élections avec les sans-parti.

    Les candidatures posées par diverses organisations sont discutées dans les grandes réunions publiques. Chaque organisation présente son candidat. Elle le défend dans les réunions qui désignent un candidat par circonscription. Le désir de tous est de réaliser l'accord sur le meilleur des candidats proposés, d'en trouver un qui soit acceptable, tant pour les communistes que pour les sans-parti, pour les intellectuels que pour les ouvriers.

    Lors des dernières élections au Conseil suprême de l'U.R.S.S., qui eurent lieu en 1946, le Comité central du Parti bolchevik publia un appel aux électeurs dans lequel il disait :

    Aux élections précédentes le Parti bolchevik demandait aux électeurs de voter pour le bloc des communistes et des sans-parti. Les citoyens et citoyennes de l'Union Soviétique votèrent en masse pour le bloc des communistes et des sans-parti. Le peuple unanime approuva ainsi la politique du Parti communiste et lui exprima son entière confiance.

    Dans les élections à venir, le Parti bolchevik est de nouveau étroitement uni et associé avec les ouvriers, paysans et intellectuels sans parti. Comme lors de la campagne électorale précédente, le Parti va aux élections de concert avec les syndicats professionnels, les Jeunesses communistes et les autres organisations et associations de travailleurs.

    Si le bloc dos communistes et des sans-parti se forme ainsi au cours de la préparation des élections, c'est parce qu'il était déjà préparé par l'évolution historique. Partout les communistes et les sans-parti travaillent côte à côte, solidairement. Ils se comprennent mutuellement. Leur amitié s'est forgée dans la lutte et dans le travail communs. Il en était déjà ainsi avant la guerre. Et la guerre n'a fait que renforcer cette amitié.

    Le Parti communiste de l'U.R.S.S. représente une force qui guide et qui dirige, et cela n'a rien de surprenant, car ce sont les citoyens soviétiques les plus conscients et dont le sens politique est le plus sûr, qui adhèrent au Parti et qui y sont admis. S'ils n'ont pas plus de droits que les sans-parti, ils ont plus de devoirs et leur responsabilité est plus grande.

    Dans les pays bourgeois, un sans-parti est un homme qui est en dehors de tout parti, qui n'en veut connaître aucun et qui est hostile aux partis.

    Il en va tout différemment dans le pays soviétique. On ne peut pas dire d'un sans-parti qu'il n'a pas de parti. L'immense majorité des gens ont leur parti, et c'est le Parti bolchevik. S'ils ne se décident pas à y adhérer, c'est parce qu'ils ne se sentent pas qualifiés pour le faire ou parfois parce qu'ils redoutent la lourde responsabilité qui incombe aux membres du Parti. Car un communiste doit toujours être le premier tant au combat qu'au travail. A la guerre, c'est lui qu'on chargeait des missions les plus dangereuses. A l'usine, c'est à lui de donner l'exemple de la discipline, de la probité et de l'initiative. Ce n'est pas possible à tout le monde. Mais si un communiste honnête est respecté de tous, on est doublement sévère à l'égard de celui qui prête le flanc à la critique.

    Le bloc des communistes et des sans-parti puise sa force électorale dans le contact quotidien de ses membres dans l'exercice des fonctions administratives, économiques et culturelles qu'ils accomplissent côte à côte. Ils arrivent ainsi à se connaître mutuellement. Dans les réunions animées, convoquées pour l'examen des candidatures, on délibère donc en connaissance de cause et une organisation, qu'elle relève ou non du Parti, n'aura à cœur de proposer qu'un candidat connu, populaire et qui a fait ses preuves dans le travail. Celui qui sort vainqueur d'une telle épreuve est donc vraiment le meilleur de sa ville, de son village, de son pays. Ce n'est pas tant l'affiliation au Parti qui compte que les qualités morales, la compétence, le dévouement à la nation et l'énergie à défendre les intérêts du peuple.

    C'est pourquoi il serait inconcevable au pays soviétique qu'un homme populaire et estimé dans sa ville, un médecin, un instituteur, un ingénieur ou un ouvrier, un vrai fils de son peuple, ne puisse pas être candidat pour la seule raison qu'il n'est pas membre du Parti. Celui-ci serait le premier à poser et à défendre sa candidature.

    Lorsqu'une assemblée composée de représentants de diverses organisations réalise, après une délibération attentive, l'accord sur un candidat, on peut être sûr que le citoyen choisi, qu'il soit ou non membre du Parti, est vraiment digne de représenter son peuple dans l'organisme suprême de l'Etat. Il n'est pas uniquement candidat du Parti ou des sans-parti. Il est le candidat du bloc formé de ces éléments de la nation. Il est, au vrai sens du mot, le candidat du peuple. Il a derrière lui la majorité de celui-ci.

    Il apparaît donc avec évidence que les élections au Soviet suprême sont les plus populaires et les plus démocratiques qui soient. Elles satisfont à la condition essentielle d'une démocratie authentique, car elles sont l'œuvre du peuple. Il n'est guère d'autre pays au monde où les élections aient un caractère aussi démocratique. Elles ne sont possibles qu'au pays des Soviets qui ignore l'antagonisme des classes sociales et où il n'existe point d'intérêts économiques et politiques opposés. Le pays des Soviets ignore la lutte entre les capitalistes et les ouvriers, entre les paysans et les propriétaires terriens. Les ouvriers, les paysans et les intellectuels y ont des buts et des intérêts communs. Ce qui explique la facilité avec laquelle se forme cette coalition qui, dans les pays capitalistes, n'existe, sous une forme beaucoup plus instable, qu'en temps de guerre.

    Aux élections de 1937 au Soviet suprême de l'U.R.S.S., le bloc des communistes et des sans-parti recueillit 98,6 % des voix pour la Chambre du Soviet de l'Union et 97,8 % pour celle du Soviet des nationalités. Ce chiffre n'est pas isolé. Il se retrouve dans d'autres élections. Il fut même dépassé en 1938 lors des élections aux Soviets suprêmes des Républiques fédérés. Le maximum fut atteint dans la République de Turkménie où la proportion des votants en faveur du bloc s'éleva à 99,8 %. Le minimum de voix fut enregistré dans la République kirghiz où l'on nota 99,1 % en faveur du bloc. Nulle part, cette proportion ne fut inférieure à 99 %. Cela signifie que le peuple entier vota pour le bloc des communistes et des sans-parti. Seule, une minorité négligeable s'en déclara mécontente.

    Si l'on examine la composition du Soviet suprême, on constatera qu'il comprend les meilleurs citoyens de l'U.R.S.S.

    Les élections au Soviet suprême de l'U.R.S.S. qui eurent lieu en 1946 constituèrent une manifestation d'enthousiasme sans précédent de la part du peuple soviétique et donnèrent un résultat remarquable.

    Sur le nombre total d'électeurs inscrits, qui s'élevait à 101.717.686, le nombre d'électeurs votants fut de 101.450.936, ce qui représente 99,7 %.

    La proportion de voix recueillies par le bloc des communistes et des sans-parti fut de 99,18 % au Soviet de l'Union et de 99,16 % au Soviet des nationalités. Ces chiffres dépassent donc ceux de 1937. Il apparaît donc clairement que le peuple soviétique tout entier, votant pour le bloc des communistes et des sans-parti, approuva unanimement la politique du Parti bolchevik et du gouvernement soviétique dirigé par le chef génial de l'Union Soviétique, le grand Staline. A peine moins d'un pour cent d'électeurs émirent un vote défavorable.

     

    Le texte entier est téléchargeable ci-dessous : 

    Télécharger « La_democratie_sovietique_1946.pdf »

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