• - L'URSS et la seconde guerre mondiale : De Brest-Litovsk à Dantzig, en passant par Rapallo. . .!

    - L'URSS et la seconde guerre mondiale : De Brest-Litovsk à Dantzig, en passant par Rapallo. . .!Au lendemain du Traité de Non-agression Germano-Soviétique, Staline et Dimitrov pensaient effectivement que le front antifasciste avec la bourgeoisie « démocratique » ouest-européenne avait été rompu du fait de cette dernière et ils escomptaient que les Partis Communistes occidentaux, et en premier lieu, le PCF, seraient capables de mobiliser le prolétariat contre elle, sapant ainsi les bases de la guerre impérialiste imminente.

    Une grosse pierre dans le jardin « historique » du social-chauvinisme thorezien passé (PCF) et présent (PRCF & Cie)… Mais qui ne conforte néanmoins en rien le discours gauchiste sur la « trahison soviétique », bien au contraire… D’une pierre deux coups, en quelque sorte… Ou à nouveau l’art, pour la « gauche » française de se retourner un pavé sur ses deux pieds !

     

    >>> « Jusqu’au Pacte germano-soviétique (23 août 1939), l’IC, Dimitrov à la tête, défendit la résistance au fascisme allemand. Les sections de l’IC devaient soutenir les efforts de l’URSS pour la création du front de la paix contre l’agresseur fasciste, pour défendre l’URSS du danger de l’agression militaire.

    Le tournant dans la politique de l’IC eut lieu après l’entretien de Dimitrov et Staline* le 7 septembre 1939, au cours duquel Staline* déclara que la guerre actuelle était un affrontement entre deux groupes de pays capitalistes pour un nouveau partage du monde, pour une nouvelle hégémonie : « Nous ne sommes pas contre la bagarre entre eux qui les affaiblira tous. » Staline* proposa d’abandonner le slogan de Front populaire unifié. Les communistes des pays capitalistes devaient se prononcer et agir contre les gouvernements dans leurs pays, contre la guerre. Staline* chargea Dimitrov de préparer et de publier les thèses du CE du Komintern : il fallait faire savoir à la classe ouvrière que la guerre déchaînée était une guerre pour l’hégémonie dans le monde des grands patrons des pays capitalistes qui discutaient leurs intérêts impérialistes ; que cette guerre n’apportait à la classe ouvrière que des souffrances et des privations. Staline* appela à se prononcer et à agir contre cette guerre et contre ceux qui l’avaient déclenchée.

    Dimitrov réalisa les indications de Staline* sous la forme de directives aux partis communistes (les 8-9 septembre). Le leader de l’IC parvint avec persévérance à opérer le tournant dans la politique des partis communistes, en soumettant à la critique et en corrigeant, en particulier, la direction des partis communistes de France et de Belgique. Pour assurer le tournant, Dimitrov écrivit l’article programmatique : « La Guerre et la classe ouvrière des pays capitalistes » qu’il avait dû remanier après les critiques de Staline*. Ce texte fut enfin publié dans les n° 8-9 de la revue Internationale communiste. Il soulignait le caractère injuste de la guerre impérialiste, condamnait la grande bourgeoisie des pays capitalistes et accablait en premier lieu la bourgeoisie des pays coupables de participer à la guerre. Il affirma que les impérialistes anglais et français étaient des partisans acharnés de la continuation de la guerre. » (Extrait de la notice)

    Tout en signant un traité de non-agression, Staline espérait donc en démultiplier l’effet en rendant instables les arrières du capitalisme ouest-européen qui avait refusé le front antifasciste avec l’URSS. Ce front, de fait, était devenu provisoirement caduque. Cela nous paraît étrange avec le recul du temps et le poids historique du nazisme, mais c’est bien le fait qu’il fallait comprendre à ce moment.

    L’erreur « relative » mais manifeste de Staline, sur ce coup, comme celle de Dimitrov, du reste, c’est donc bien d’avoir surestimé les capacités de mobilisations révolutionnaires des PC occidentaux, et notamment, du PCF !

    Erreur néanmoins assez rapidement corrigée en fonction de l’évolution de la situation, telle que nous le montre la notice !

    Concernant le traité de Rapallo, il est signé en Avril 1922, soit trois ans après la fin de la Révolution Allemande ! Difficile, donc de parler de « coup de poignard dans le dos » !

    Et d’autant plus qu’il n’ a en rien empêché la tentative de l’Octobre Allemand de 1923, qui n’a à nouveau été gâchée que par les sociaux-démocrates « de gauche » et l’improvisation des gauchistes au sein de la direction du KPD

    >>> « Le Politburo du Parti communiste soviétique se réunit le 23 août, en compagnie de représentants du KPD et du Komintern : la discussion conclut que la révolution allemande est entrée dans sa « phase supérieure » et qu’une insurrection est possible dès l’automne. Staline est plutôt partisan d’attendre le printemps 1924, mais finit par se ranger au consensus général. Trotski, du fait de son expérience durant la révolution d’Octobre, participe activement aux préparatifs de l’insurrection1. […]L’« octobre allemand », conçu comme une réplique de la révolution d’Octobre, devra aboutir à une insurrection dans tout le pays, dont une grève générale sera le déclencheur1.[…]

    Die Rote Fahne, le journal du KPD, s’emploie à préparer l’opinion à l’insurrection, en appelant à se défendre contre les « fascistes bavarois », et en publiant des courriers d’encouragement envoyés aux communistes allemands par Trotski, Boukharine, Zinoviev et Staline : la lettre de ce dernier, adressée à August Thalheimer, prédit que la révolution en marche en Allemagne « déplacera sans aucun doute le centre de la révolution mondiale de Moscou à Berlin »2.[…]

    Le 21 octobre se tient à Chemnitz une conférence des conseils d’entreprise, censée décider du lancement de la grève générale. Mais au dernier moment, et contrairement à ce que prévoyait le KPD, les représentants des sociaux-démocrates de gauche s’opposent énergiquement aux projets d’insurrection. La conférence se sépare finalement sans avoir lancé l’appel attendu à la grève. Devant ce refus de leurs alliés, Brandler et les autres dirigeants du KPD sont apparemment décontenancés. Le soir même, la direction centrale du parti décide d’annuler l’insurrection ; la commission allemande du Komintern se range à cet avis le lendemain1,3. […]

    Ce n’est qu’à Hambourg que les communistes locaux, dirigés par Ernst Thälmann, passent effectivement à l’insurrection, dont la nouvelle de l’annulation ne leur est pas parvenue à temps. Isolé dans le pays, le soulèvement de Hambourg est écrasé par la troupe, au prix d’une centaine de victimes et de plusieurs centaines de blessés2,3. »[Extraits]

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Octobre_allemand

     

    Même formellement, de plus, il est difficile de prétendre que Rapallo, en 1922, constitue une « entorse » au traité de Versailles, vu que l’URSS n’existait pas encore, en juin 1919, à la signature du traité, et que  la Russie elle-même, que ce soit « impériale » ou « républicaine » blanche n’en était officiellement aucunement partie prenante !

    Ce traité, de l’avis gnéral aujourd’hui, particulièrement et même excessivement lourd pour l’Allemagne, ne faisait pas du tout sens du point de vue de la paix et constituait précisément l’ingrédient N°1 d’une future guerre en gestation.

    Isolée sur la scène internationale suite aux agressions occidentales et polonaises durant la guerre civile, l’URSS n’avait aucune raison de ne pas entreprendre de briser cet encerclement par cet accord avec la République de Weimar. L’Octobre Allemand montre que cela n’excluait pas la continuation de la lutte de classe révolutionnaire.

     

    Le traité de Brest-Litovsk, signé avec l’Allemagne impériale, quant à lui, répondait à une situation où il était nécessaire d’arrêter la guerre pour commencer à construire sérieusement la Révolution. C’était évidemment une exigence de tout le prolétariat russe, tant ouvrier que paysan !

    La Révolution Allemande ne commence elle, qu’en Novembre 1918, alors que le traité de Brest-Litovsk est déjà signé depuis Mars de la même année, et aurait même été certainement moins désavantageux si Trotski n’avait pas tant fait traîner les pourparlers, alors que l’armistice datait elle-même déjà de Décembre 1917 !

    Dans toute cette séquence d’événements, de 1917 à 1941, aussi bien du point de vue de la simple chronologie que de l’analyse dialectique, on ne voit pas de contradiction réelle et sérieuse entre la stratégie diplomatique qui a permis à l’URSS de naître et de grandir et la lutte de classe révolutionnaire à l’échelle mondiale.

    D’un point de vue rationnel, dépouillé de tout préjugé idéologique, je n’arrive donc pas à comprendre ce qui a pu t’éloigner du ML pour passer au « Conseillisme » sur la base d’un lien inexistant entre le traité de Rapallo et l’échec de la Révolution Allemande.

    Bien entendu Rapallo a renforcé la base économique de la République de Weimar, mais ce n’était donc pas encore, précisément, celle du fascisme. Rapallo a donc évidemment également renforcé la base économique de l’URSS.

    Si Weimar était resté dans son état de délabrement initial, cela n’aurait fait que hâter l’arrivée du fascisme au pouvoir, qui n’aurait pas tardé à combler, et encore plus ouvertement, au mépris affiché du traité de Versailles, son retard technologique et militaire.

    Alors que sans Rapallo, c’est donc surtout l’URSS qui aurait eu plus de mal à assurer son décollage économique rapide, indispensable pour résister à cet encerclement, que ce soit celui des fascistes et/ou des puissances occidentales impérialistes « libérales » !

    Révolution et diplomatie ne sont donc en rien incompatibles. En fin de compte, c’est toujours la base économique qui rend les avancées sociales possibles et surtout, durables.

    Source de l'article >> https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/10/24/de-brest-litovsk-a-dantzig-en-passant-par-rapallo/

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