• - L'être humain Soviétique contre l'être "sexualisé"

    La titre original est "Homo Sovieticus contre Homo Sexualis".

    Par Par Gearóid Ó Colmáin

    Deuxième partie d’une série de plusieurs articles

    - L'être humain Soviétique contre l'être "sexualisé"Le psychologue soviétique Igor Kon fit un jour la remarque que l’opinion de l’aile droite des USA et de l’Union Soviétique sur l’homosexualité se ressemblaient.

    Les premiers voyaient l’homosexualité comme un complot communiste contre le « monde libre » pendant que les seconds la considéraient comme une conspiration capitaliste dirigée contre le prolétariat.

    Kon avait raison, dans une certaine mesure. Mais il a échoué à souligner le fait que, loin d’être de droite, l’opinion communiste sur l’homosexualité était l’attitude qui prévalait en URSS alors que le prolétariat et la paysannerie dictaient les politiques du pays par le biais des soviets, et que le complot communiste « de gauche » n’en était pas un du tout.

    Les communistes n’ont jamais reconnu de condition s’appelant l’homosexualité. Celle-ci était promue, cependant, par les Trostkistes, les anarchistes et d’autres petits-bourgeois, théoriciens de gauche d’un pseudo-Marxisme.

     

    En Union Soviétique l’homosexualité était vue comme l’une des nombreuses perversions promues par la bourgeoisie et par leurs adversaires petits-bourgeois – un phénomène de la classe dirigeante plutôt que d’origine biologique. La compréhension communiste de la sexualité a, depuis les contre-révolutions d’Europe en 1989 et la dissolution de l’URSS, été commodément enterrée et oubliée. Cette série d’articles va défendre le caractère correct de l’opinion communiste selon laquelle la perversion sexuelle et la domination de classe sont inextricablement liées, et que les communistes devraient non seulement critiquer la libération uraniste mais s’y opposer.

    Pour les lecteurs ne connaissant pas bien le sujet et voulant une approche du fonctionnement de la démocratie en URSS, je recommande le livre « Soviet Democracy » (« Démocratie Soviétique », NdT) écrit par Pat Sloan, un économiste britannique qui a travaillé et vécu en Union Soviétique pendant l’ère stalinienne. Il subsiste peu de communistes de nos jours qui prendraient la défense des positions soviétiques et naguère cubaines sur la sexualité humaine. C’est parce que la plupart des communistes gardent encore des traces de l’attitude bourgeoise envers le sexe et le comportement en société. Ainsi que le souligne le philosophe français Michel Foucault, tout est politique, y compris le sexe. Je suis d’accord avec cette interprétation, mais pour des raisons différentes.

    « Transformer les cochonneries en théorie »

    Frederich Engels était un homme intelligent. Il avait appris 16 langues différentes et était un lecteur vorace. Dans son mode de vie, Engels était quelque peu « bourgeois bohème ». Mais il était également un socialiste scientifique. Il travaillait dur mais s’amusait dur aussi. Il a vécu auprès d’une femme irlandaise mais ne l’a jamais épousé. Son attitude envers le sexe et la moralité n’étaient aucunement typique de l’époque victorienne, prude et réprimée. Engels reçut un jour un livre de la part de Karl Marx. C’était un exemplaire de l’ouvrage du spécialiste de l’homosexualité Karl Heinrich Ulrichs, « Forschungen über das Rätsel der mannmännliches Liebe » – recherches sur l’énigme de l’amour homosexuel masculin.

    Engels écrivit une lettre à Marx exprimant ses pensées sur les recherches d’Ulrichs. Il dénonçait le livre comme une tentative pour « transformer les cochonneries (Schweinerei) en  théorie ». Le philosophe allemand décrivait le contenu du livre comme des « révélations d’une teneur extrêmement contre nature » (außerst widernatürliche Enthüllungen). Engels croyait que l’homosexualité et la pédérastie étaient la même chose. Il affirmait que les homosexuels et les pédérastes avaient infiltré l’état et faisaient pression pour la légalisation de leur style de vie. Il avertissait Marx qu’une fois cela effectué, le nouveau slogan politique serait « guerre aux cons, paix aux trous-du-cul » (sodomites). Engels se positionnait clairement contre la légalisation de l’homosexualité et prédisait qu’elle répandrait la décadence à travers l’Allemagne.

    Arrivée aux années 1920 l’Allemagne, violée par les banques étrangères et le truchement du Traité de Versailles, était devenue une fosse sceptique de prostitution, de drogues et de perversions sexuelles.

    Marx n’était pas plus élogieux envers les homosexuels qu’Engels. Johann Baptist Schweitzer, un uraniste et adepte du socio-démocrate Ferdinand Lassalle, essaya de convaincre Marx de soutenir le mouvement réformiste et opportuniste de Lassalle. Marx décrivit Schweitzer comme un « frère tiède » – épithète péjoratif pour un homme homosexuel.

    Beaucoup d’anti-communistes de droite aiment proclamer que la décadence était à son apogée, à Berlin, pendant la période où le parti communiste y était hégémonique. C’est un mensonge. La décadence prospérait sous la démocratie sociale. Le parti communiste allemand (KPD) suivait la ligne marxiste en ce qui concerne l’homosexualité. Ce fut le refus des socio-démocrates d’unir leurs forces avec les communistes qui permit aux Nazis de prendre le pouvoir en 1933. Les socio-démocrates sont, et ont toujours été des traîtres de classe.

    Dans son livre, « Les Origines de la Famille, de la Propriété Privée et de l’État« , Engels arguait qu’en Grèce pendant l’Antiquité la pédérastie et l’homosexualité étaient les conséquences de l’oppression masculine envers les femmes. Nous vivons toujours dans une société qui opprime les femmes. La plupart des femmes ne peuvent pas se permettre le luxe de passer du temps avec leurs enfants, car elles ont besoin de travailler en dehors du foyer. Beaucoup de femmes sont pénalisées et harassées par les entreprises lorsqu’elles demandent un congé de maternité. La libération des femmes est un mythe. Personne n’est réellement libre sous le régime capitaliste. Le stress et l’anxiété générés par un système aussi inhumain sont en train de mener à la distorsion du développement émotionnel et intellectuel humain, à une échelle encore inédite.

    Une lettre à la Stalin Society

    La Stalin Society of North America a rendu un service important au public, en prenant la défense de la vie et de l’œuvre de Joseph Staline contre les montagnes de mensonges diffusés par des révisionnistes soviétiques et des soviétologues tels que Robert Conquest et Timothy Snyder, mais elle sape la cause du communisme par sa critique de la politique soviétique en matière de sexualité, en prenant pour référence le travail du violeur d’enfants et de la fraude intellectuelle que fut Alfred Kinsey.

    La note sur leur site web à ce sujet est trompeuse et anti-marxiste. Se référant à la déclassification par l’American Psychological Association de l’homosexualité comme désordre psychique, la Stalin Society of North America écrit:

    Imaginer que Staline et la Russie soviétique des années 1930 prévoiraient les progrès de la science médicale et psychologique devant être faits quarante plus tard est soit naïf soit malhonnête. Il doit être relevé, en comparaison, que la RDA était dotée d’une politique beaucoup plus positive et ouverte vis-à-vis de l’homosexualité.

    Il n’y a eu AUCUNE avancée dans la science médicale qui soit jamais venue discréditer la vision soviétique et marxiste de la sexualité humaine. En fait, toutes les preuves scientifiques viennent en soutien à cette interprétation.

    Les pères fondateurs de la psychologie moderne, Jung, Freud et Adler ont tous caractérisé l’homosexualité comme une perversion. Adler pensait que son origine provenait d’un complexe d’infériorité vécu pendant la petite enfance.

    De récentes études en épigénétique et sur les uranistes confirment plutôt que réfutent la vision soviétique de la sexualité. Pendant des décennies les recherches du chercheur soviétique Trofym Lysekno ont été décriées comme fadaises par l’establishment scientifique occidental. Désormais, des chercheurs reconnaissent enfin que Lysenko avait raison.

    Contrairement au mythe dans cette affaire, la seule intervention de Staline dans la polémique entourant les travaux de Lysenko fut de défendre la totale liberté d’expression pour toutes les théories scientifiques.

    La totale liberté d’expression pour les théories scientifiques est une valeur des sociétés socialistes parce que la connaissance donne du pouvoir au peuple. Cependant, dans les sociétés capitalistes, la connaissance sert le pouvoir des capitalistes. C’est pourquoi la famille Rockefeller et George Soros font activement la promotion de tout ce qui favorise l’aliénation, la fragmentation sociale et la perversion sexuelle – les valeurs de l’élite dirigeante et les outils avec lesquels ils conservent la classe laborieuse dans la soumission totale au mode de production capitaliste.

    C’est également la raison pour laquelle personne n’entend parler des psychologues et des psychiatres de NARTH – National Association for Research and Therapy of Homosexuality (Association Nationale pour la Recherche et les Thérapies sur l’Homosexualité, NdT).

    Suggérer, comme l’a fait la Stalin Society of North America, qu’aujourd’hui tous les communistes devraient soutenir le mouvement LGBT est une totale aberration. Les communistes devraient plutôt promouvoir le travail de NARTH et faire des recherches sur les méthodes soviétiques de réhabilitation face au trouble psycho-émotionnel connu sous le nom d’homosexualité. Des milliers de victimes d’actes pédocriminels, et des adolescents souffrant d’homosexualité ne reçoivent pas l’attention compassée et la thérapie dont ils ont besoin. Au contraire, il leur est asséné le mensonge qu’ils sont « nés gay », et ne peuvent se remettre de leur affliction.

    Les Soviétiques ont accompli des recherches extraordinaires dans tous les domaines scientifiques. Mais la sexologie n’était pas une priorité pendant l’époque stalinienne. Les travailleurs soviétiques savaient que la relation sexuelle normale se faisait entre un homme et une femme et, comme la science était un service public au service de la majorité et non d’une minorité privilégiée, les travailleurs soviétiques ne voulaient pas perdre de temps avec des domaines de recherche inutiles et bourgeois.

    La Grande Encyclopédie Soviétique de 1930 explique:

    La législation soviétique ne reconnaît pas les soi-disant crimes à l’encontre de la moralité. Nos lois procèdent du principe de la protection de la société et n’appliquent donc un châtiment que dans les cas où des jeunes et des enfants font l’objet d’un intérêt homosexuel… tout en reconnaissant l’incorrection du développement homosexuel… notre société marie des mesures prophylactiques et autrement thérapeutiques, entourées de toutes les conditions nécessaires pour rendre les conflits qui affligent les homosexuels aussi peu douloureux que possible, et pour résoudre leur marginalisation sociale typique au sein d’un collectif.

    • Sereisky, Grande Encyclopédie Soviétique, 1930, p. 593

    La Stalin Society of North America affirme que l’article 121 du Code Pénal Soviétique criminalisant l’homosexualité n’était appliqué que dans les affaires pédocriminelles, avec jusqu’à 1000 condamnations annuelles. Ceci passe outre le fait que l’opinion soviétique, dans les pas d’Engels, voyait une forte corrélation entre l’homosexualité masculine et la pédérastie. C’est également l’opinion de la Fédération de Russie de nos jours.

    Le terme goulag est venu à signifier la nature punitive et oppressive de la société soviétique. Rien ne peut être plus loin de la vérité. Dans son livre, « Stalin: Man of Contradiction » (« Staline: homme de contradictions », NdT), Ken Cameron écrit:

    Dans les années 1930 comme nous l’avons vu, l’essor de l’industrialisation et de la collectivisation a apporté un état socialiste doté d’un large spectre de droits sociaux et politiques. Comme nous pourrions nous y attendre de la part d’un tel état, les systèmes juridiques et pénitentiaires qu’il a établis étaient dans leur ensemble justes et non-punitifs. En fait, ils recevaient les louanges et l’admiration d’avocats libéraux et d’experts pénalistes à travers le monde. Les tribunaux populaires dans lesquels les citoyens ordinaires s’asseyaient sur le banc avec un Juge professionnel géraient 80% de toutes les affaires, et les services juridiques pouvaient être obtenus gratuitement. Comme alternative souhaitable aux prisons, des « colonies de travail agricole et industriel » ont été établies où certains prisonniers pouvaient amener leurs familles, et où ils avaient le droit de se marier. L’objectif essentiel du système était la réhabilitation, pas seulement en paroles comme dans les états capitalistes mais dans la réalité, tel que le dépeint si dramatiquement, par exemple, le film Le chemin de la vie, qui met en scène la régénération d’adolescents délinquants. L’un des plus importants projets de camps industriels fut la construction du Canal de la Baltique à la Mer Blanche par des prisonniers, dont les trois ingénieurs-en-chef étaient d’anciens « saboteurs ». À la livraison du projet, 300 prisonniers reçurent des bourses, 12 000 furent libérés, et 59 000 autres virent leurs peines être réduites. Tel était le cours normal de la justice de la classe laborieuse en URSS. Par conséquent, si certains changements étaient effectués en rapport à certains aspects du système, c’est qu’il y avait des raisons de le faire.

    (Cameron, Kenneth Neill. Stalin, Man of Contradiction. Toronto: NC Press, 1987, p.128)

    La Stalin Society of North America fait positivement référence à la tolérance de la République Démocratique d’Allemagne (RDA) envers l’homosexualité, affirmant que c’était dû au fait que la RDA était plus « en avance ». C’est n’importe quoi. La RDA n’a jamais suivi la ligne marxiste-léniniste.

    En réalité, ils se sont opposés aux politiques de construction socialiste recommandées par Moscou et ont procédé à construire une république bourgeoise multi-partite, adoptant des symboles maçonniques dans leur drapeau national, se moquant de la classe ouvrière tout en affirmant être socialiste. De fait, Eric Honecker reconnut lui-même en 1972 que la RDA n’était pas socialiste.

    Les Marxistes-Léninistes ont été brutalement réprimés par la sécurité de l’état en Allemagne de l’Est. La RDA était certainement plus « en avance », en avance dans le capitalisme ; d’où la tolérance envers l’homosexualité.

    La vision soviétique de la sexualité humaine était correcte et seuls des socio-démocrates et des anti-Marxistes s’y opposeraient.

    Le sens derrière Orlando

    Le massacre d’Orlando a servi deux agendas :

    1) promouvoir le contrôle des armes personnelles, empêchant ainsi la révolte armée du prolétariat US contre l’état oligarchique, et

    2) promouvoir l’idée que les Musulmans sont arriérés, dangereux et « anti-gay ».

    L’idée est de renforcer l’agenda sioniste d’un « choc des civilisations » dans lequel des Islamistes barbares cherchent à nous « retirer nos libertés » et à subvertir nos valeurs de tolérance et de droits humains. Mais il s’agit de la classe dirigeante qui essaye de nous retirer nos libertés, pas d’un quelconque ennemi extérieur.

    La vérité, c’est que l’État Islamique est un rejeton et un instrument du complexe militaro-industriel US/israélien. C’est une armée de mercenaires, entraînés et financés par l’OTAN et le Conseil de Coopération du Golfe contre les peuples du Moyen-Orient, en phase avec les intérêts géopolitiques US/israéliens. Il n’est guère surprenant de constater que l’une des premières campagnes de désinformation médiatique contre la Syrie en 2011 impliquait les mensonges d’une blogueuse syrienne lesbienne, dont il fut révélé qu’elle était un agent de la CIA.

    Ceux qui s’opposent à la diabolisation des Musulmans devraient reconnaître que les opinions de la République Arabe Syrienne et de la République Islamique d’Iran sur la sexualité sont correctes et progressistes, ainsi qu’un reflet saisissant de l’éthique anti-impérialiste des deux états.

    Personne ne peut se prétendre communiste et soutenir le mouvement LGBT réactionnaire. Il n’y aura pas de drapeaux arc-en-ciel dans un état socialiste, mais la bannière rouge du prolétariat !

    Source : http://ahtribune.com/history/1027-homo-sovieticus.html

    Traduit par Lawrence Desforges

     Source de l'article en français : https://globalepresse.net/2016/07/01/homo-sovieticus-contre-homo-sexualis/ 

    Cet article est le second d'une série que vous pouvez lire en suivant les liens ci-dessous :

    https://globalepresse.net/2016/07/01/homosexualite-et-decadence-bourgeoise-reflexions-sur-le-massacre-dorlando/

    https://globalepresse.net/2016/07/30/lheritage-raciste-et-pederaste-du-mouvement-lgbt/

    http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/comment-le-mouvement-lgtb-nous-trompe-non-a-la-theorie-des-genres-avec-a126841556

    « - Réflexion vécue sur l’expérience socialiste dans les pays de l’Est, par Bruno Drewski- COMMENT LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE ÉTAIT-ELLE ASSURÉE EN U.R.S.S. ? »
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