• - DE LA CENSURE EN BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE A L'HEURE DU CULTE PUBLIC DE LA « LIBERTE D'EXPRESSION »

    - DE LA CENSURE EN BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE A L'HEURE DU CULTE PUBLIC DE LA « LIBERTE D'EXPRESSION »Annie Lacroix-Riz, ci-dessous, alerte contre une censure universitaire visant les éditions Delga. 

    Université normalement haut-lieu de la controverse scientifique, mais où il vaut mieux s'appeler Jean-Jacques Marie, Carrere d'Encausse, Stéphane Courtois, Robert Conquest ... 

     

     

    Les maîtres de "L'histoire contemporaine toujours sous influence" . 

     SIGNEZ LA PÉTITION CONTRE LA CENSURE UNIVERSITAIRE :

    http://www.petitions24.net/petition_contre_la_censure_dans_les_bibliotheques_universitaires

    Pétition contre la censure maccarthyste dans les bibliothèques universitaires 

    adressée au président de l’université de Paris 1, M. le Professeur Philippe Boutry

    http://www.petitions24.net/forum/124087/start/50

    votre signature devra être confirmée par le renvoi d'un mail de confirmation

     

    TEXTE PETITION  initiée par Annie Lacroix-Riz  principalement

     

    Un lecteur de la bibliothèque Pierre Mendès France de l’Université de Paris 1 Sorbonne ayant récemment proposé l’achat de l’édition française de l’ouvrage de Geoffrey Roberts, professeur à l’université de Cork en Irlande, « Les guerres de Staline », paru en 2014 aux éditions Delga, ouvrage publié en 2006 par les Editions de l’université Yale, s’est attiré la réponse suivante :

    « L’ouvrage proposé, bien qu’écrit par un universitaire, ne nous semble pas a priori présenter la neutralité historique et scientifique nécessaire à son éventuelle intégration dans nos rayons. Les autres titres publiés par l’éditeur non plus ».

    La direction de cette bibliothèque, contactée, tant sur l’ouvrage incriminé que sur les conditions à remplir par un éditeur pour que ses ouvrages puissent être acquis, a accumulé les réponses évasives. Une consultation des rayons consacrés à l’histoire de la Russie soviétique (puis URSS) au XXème siècle a montré que, depuis plus de quinze ans, ont été systématiquement achetés les ouvrages de publicistes propagandistes, tels Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, même de négationnistes avérés, tel Ernst Nolte. Dans la même période, n’ont pas été acquis les ouvrages scientifiques publiés en français tels ceux d’Arno Mayer, Michael Carley, Alexander Werth (dont le célèbre ouvrage La Russie en guerre, réédité en 2011, demeure absent), etc.

     

    Cette censure est révélée dans un contexte particulier. Par exemple, à l’occasion de la célébration du soixante-dixième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, le ministre des Affaires étrangères polonais Grzegorz Schetyna a soutenu, le 21 janvier 2015, pour justifier la non-invitation de la Russie, que c'était les Ukrainiens et non l’armée soviétique qui avaient libéré le camp d'extermination. Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, avait affirmé le 8 janvier, sans être davantage contredit, que l’Union Soviétique avait agressé l'Allemagne en juin 1941.

     

    Ces contre-vérités grossières n’ont provoqué aucune réaction officielle. Cette passivité n’est possible qu’en raison du manque de connaissance historique de l’opinion publique, résultat, entre autres, de la censure qui s’est étendue jusque dans les institutions universitaires. Longtemps tacite ou sournoise, celle-ci atteint désormais un niveau tel qu’une bibliothèque de Paris 1 Sorbonne ne se dissimule plus pour justifier l’interdit frappant un universitaire reconnu et tout le catalogue d'un éditeur progressiste.

     

    Nous exigeons que soit mis fin à cette violation caractérisée de la déontologie scientifique et que la bibliothèque Pierre Mendès France de l’Université de Paris 1 Sorbonne respecte le pluralisme des publications scientifiques mises à la disposition des étudiants et autres usagers. Ceci vaut pour cette bibliothèque comme pour toutes les autres bibliothèques universitaires.

     

    Non à la censure maccarthyste dans les bibliothèques universitaires!

     

    Le dossier complet sur cette censure et la correspondance y afférente est disponible sur http://www.historiographie.info/debats.html

     

    Godefroy Clair, ingénieur d’études à l’université Paris 8

    Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

    Aymeric Monville, directeur des éditions Delga.

     

    Paris, 3 février 2015

    Autres informations sur le même sujet :

    "Chers amis,

    La censure se manifeste en tous lieux, y compris dans les bibliothèques universitaires. En voici un tout récent exemple, dont un correspondant, M. Godefroy Clair, ingénieur d'étude à Paris 8 Saint-Denis Vincennes, m’a informée vendredi 15 janvier.

     

    "Bonjour,

    J'ai proposé l'ouvrage les Guerres de Staline de Geoffrey Roberts (DELGA) à la bibliothèque PMF de Paris 1". 

     

    Voici la réponse que j'ai obtenue  de Mr Gérard Molinier : "L'ouvrage proposé, bien qu'écrit par un universitaire ne nous semble pas a priori présenter la neutralité historique et scientifique nécessaire à son éventuelle intégration dans nos rayons. Les autres titres publiés par l'éditeur non plus".

     

    Cordialement, Godefroy Clair"

     ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Photographie de l'échange manuscrit

    - DE LA CENSURE EN BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE A L'HEURE DU CULTE PUBLIC DE LA « LIBERTE D'EXPRESSION »

      

    Lettre circonstanciée d'Annie Lacroix-Riz aux correspondant(es)s de cette liste de diffusion (A télécharger ci-dessous ) :

    Télécharger « alrcensureuniv.pdf »

    Texte d'Annie Lacroix-Riz :

    Chers amis, 

    Merci de prendre connaissance de l’échange ci-joint, qui démontre que la censure revendiquée a priori a un caractère moins antipathique que les « explications » contradictoires qui heurtent l’intelligence de l’interlocuteur (et de l’expéditeur, sans doute).

     

    Je vous remercie de diffuser par tous vos canaux possibles.

    Bien cordialement,

    Annie Lacroix-Riz

     

    ---- Document 1 : Mail de Mr Guillaume Molinier à Annie Lacroix-Riz du 19 Janvier 2015 (copie ci-dessous)

    De Mr Molinier à Annie Lacroix-Riz

    Madame le Professeur,

     

    Mon collègue M. Keller m’a transmis votre courriel à propos de l'ouvrage de Geoffrey Roberts, les Guerres de Staline, aux éditions Delga. Étant le conservateur caché sous les initiales « G. M. » du message manuscrit dans le cahier des lecteurs que votre correspondant, monsieur Godefroy Clair s’est donné la peine de photographier, c’est bien à moi de répondre à votre sollicitation.

    Celle-ci est parfaitement légitime et vous avez eu tout à fait raison de nous alerter car il se trouve que j’ai effectivement eu tort : monopolisé par de multiples autres tâches, je n’ai pas pris le temps d’examiner la question sous tous ses angles et j’ai répondu beaucoup trop hâtivement à votre correspondant.

    D’une part, il se trouve que nous possédons, dans notre catalogue, quatorze titres de monographies publiées aux éditions Delga, dont certains sont présents dans des bibliothèques de recherche de l’Université dont on ne peut questionner la pertinence des choix d’acquisition. Par ailleurs, je n’ai pas non plus pris le temps de lire quelques critiques de l’ouvrage par des historiens reconnus qui, pour n’être pas d’accord avec les thèses de M. Roberts, n’en contestent cependant ni la validité scientifique ni la qualité des sources sur lesquelles il s’appuie. Enfin, en tant qu'acquéreur et gestionnaire des collections d’histoire à la bibliothèque universitaire Pierre Mendès France, je dois en effet veiller à la pluralité des opinions et des thèses exprimées par les scientifiques dont j’achète les ouvrages pour le compte de la communauté universitaire de Paris I.

    Cette mise au point faite, je tiens également à vous rassurer sur le fait que j’applique effectivement la politique d’acquisition de l’Université Paris 1 puisque, étant également responsable du département des collections et de la politique documentaire du Service Commun de documentation de l’Université, c’est moi qui la mets en œuvre sous le contrôle de Mme Anne Magnaudet, directrice de ce même Service Commun, et de Mme Judith Ducourtieux, son adjointe, que je mets en copie de ce message.

    Cette politique d’acquisition a pour objectif de permettre au lectorat étudiant de l’université Paris I (qui, pour la bibliothèque du centre Pierre Mendès France, est composé aux deux tiers d’étudiants de niveau L) d’accéder le plus largement possible à la documentation relative aux enseignements de l’Université Paris I. Or il se trouve que, sauf erreur de ma part, il n’existe actuellement aucun enseignement dispensé à Paris I sur l’aire géographique et la période considérée, à savoir l’URSS de l’après Seconde guerre mondiale. Ce constat, que je suis bien obligé de faire en tant que responsable de la politique documentaire, m’amène à vous informer des points suivants :

    1. Notre rayon sur l’histoire russe et soviétique, regroupé sous la cote 947 dans notre système de classification, est maigre (moins de 150 exemplaires) et son taux emprunt plus de deux fois inférieur à la moyenne des autres rayons d’histoire ; 
    2. En conséquence, afin de faire bon usage de l’argent public et de ne pas acquérir des ouvrages dont nous prévoyons (peut-être à tort, mais prévision n'est pas vision) qu’ils ne seront pas empruntés, nous limitons les acquisitions en histoire russe et soviétique et nous privilégions les manuels universitaires de licence et les ouvrages introductifs, ce que l’ouvrage de M. Roberts n’est manifestement pas ;
    3. Contraints par le manque de place dévolu aux collections dans une bibliothèque largement sous-dimensionnée par rapport au public qu’elle accueille, nous sommes obligés de tenir compte du degré de saturation des rayons, ce qui restreint encore nos acquisitions à partir du moment où la discipline n’est pas enseignée à l’Université. Pour votre information, au dernier métrage des collections fait à l’été 2013, le taux d’occupation de la cote 947 était de 99,1% alors qu’il devrait être de 70% environ.

    Voilà bien les raisons qui m’amènent à répondre par la négative à la suggestion d’acquisition de votre correspondant. Encore une fois, je regrette d’avoir répondu des bêtises à M. Clair et j’espère que ces explications dissiperont le malentendu que nous avons pu avoir.

    Concernant la pluralité des opinions exprimées, je puis vous assurer que nous la favorisons à chaque fois que cela est possible, c'est-à-dire dans tous les rayons correspondant à des disciplines enseignées à l'Université et suffisamment étoffés pour la permettre. Pour vous donner un exemple, l'histoire des colonisations et décolonisations est un axe majeur de recherche et d'enseignement à l'Université, et non moins sujet à débat que l'histoire de l'Union soviétique. Vous trouverez cependant dans nos rayons aussi bien les ouvrages d'Olivier Le Cour Grandmaison, d'Olivier Pétré-Grenouilleau ou de Daniel Lefeuvre, le premier et le dernier étant radicalement opposés sur l'interprétation de certains faits survenus dans l'Algérie coloniale du XIXe siècle, comme vous le savez certainement bien mieux que moi. Autre exemple, vos propres ouvrages sont présents dans notre catalogue et notamment dans les rayons dont je m'occupe. Si vous voulez bien consulter notre catalogue, vous y trouvez référencés plusieurs de vos ouvrages, notamment Industriels et banquiers français sous l'Occupation et Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930. Ceci, je l'espère, vous rassurera quant au fait que nous ne sélectionnons pas nos acquisitions en fonction des opinions politiques de leurs auteurs, mais bien en fonction de leur solidité scientifique.

    Je constate par ailleurs, après consultation du catalogue collectif national Sudoc, que l’ouvrage de M. Roberts n’est présent que dans un seul établissement universitaire en France, à savoir la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, bibliothèque où cet ouvrage a certainement toute sa place. Il est également présent à la Bibliothèque Nationale de France, qui est à 10 minutes à pied du centre Pierre Mendès France et où nos étudiants peuvent se rendre facilement s'ils souhaitent consulter l'ouvrage de M. Roberts. Mais vous conviendrez que ce n’est certainement pas faire preuve de censure que de décliner une suggestion d’achat, et que les universités peuvent encore définir leur politique d’acquisition en toute indépendance et sans subir de pression extérieure. Je vous suggère donc respectueusement, ainsi qu’à monsieur Clair, de vous rapprocher des Services communs de documentation de vos universités respectives afin de leur proposer l’acquisition de cet ouvrage qui nous prend décidément à tous un temps précieux.


    Bien cordialement,

    Guillaume Molinier

    -- Guillaume Molinier Université Paris 1 Panthéon-SorbonneService Commun de la DocumentationBibliothèque du centre Pierre Mendès FranceResponsable du département des collectionsResponsable de la politique documentaireTél. 01 44 07 89 05

     

    ----Document 2 : Réponse à Mr G. Molinier en date du 20 Janvier 2015 ( A télécharger ci-dessous)

    Télécharger « Lettre ą Guillaume Molinier.pdf »

     

    ----Un commentaire de JJB :

    Je pense que cet échange de courrier, via le site d'Annie Lacroix-Riz pourrait avoir sa place dans le blog des amis de l'URSS Où Mr G.Molinier (responsable du département des collections et de la politique documentaire  de l'université paris 1)  :  

    • Fait un "mea culpa" quant à la forme de son refus à la suggestion d'achat du livre "Les guerres de Staline / Geoffrey Roberts"

     

    • Reconnait après recherches la scientificité du propos de Geoffrey Roberts que cet auteur livre aux éditions Delga

     

    • Reconnait que la cote 947 - histoire russe et soviétique est bien maigre et peu visitée

     

    • Confirme (fait le plus important) qu'il y a "aucun enseignement dispensé à Paris I sur l’aire géographique et la période considérée, à savoir l’URSS de l’après Seconde guerre mondiale"

     

    • Confirme que pour cette raison et des problèmes de place dans les étagères son refus d'acquérir le livre.

     L'historiographie dominante a encore de beaux jours devant elle concernant l'évènement majeur du XXème siècle, la première révolution prolétarienne au monde réussie (après la Commune) qui a eu pour effet, en autres, débarassé du profit capitaliste un bond gigantesque de son économie et de ses rapports sociaux, la victoire sur le nazisme, la libération des "démocraties populaires", les révolutions chinoises et cubaines bénéficiant du poids stratégique de l'URSS, la victoire du Vietnam, la fin des dictatures fascistes en Europe..., l'appui aux mouvements de libération nationale, l'émergence et le renforcement de nombreux partis communistes dans le monde,  la décolonisation, un contre-feu permanent en Europe à la montée du fascisme... de placer la classe ouvrière au coeur de toutes les initiatives progressistes, pacifistes, rationalistes et émancipatrices ... etc  

    Que l'URSS a une histoire dont le pivot essentiel a pour date 1956, date du rapport Khrouchtchev qui a eu un effet dévastateur sur les partis communistes de nombreux pays. Monsieur G.Molinier applique une charte d'acquisition des livres de sa bibliothèque, mais qui définit cette charte, par qui est elle contrôlée ? L'argument de l'absence d'enseignement est il recevable ?  La recherche ne s'enrichit elle pas d'autres recherches non étroitement connexes ? La naissance de la guerre froide est le résultat de faits convergents programmés par plusieurs pays impérialistes que l'URSS a dû prendre en compte pour sa défense. 

    Les archives étant largement ouvertes, et les enjeux sur la connaissance sur l'URSS si sensibles et déterminants pour l'éveil des consciences ouvrières et progressistes aujourd'hui, on peut estimer que l'université commet une erreur au regard de ce qui est sa mission, la vérité scientifique de l'histoire en ne mettant pas en place des équipes de recherche et d'enseignement sur cette période. Et que les tutelles politiques de ces universités, commettent une faute politique voire criminelle car cette faute politique désarme notre peuple au moment où il en a le plus besoin, crise approndie du capitalisme monopoliste d'Etat et ses issues destructrices et guerrières. 

    jjb 

     

    POUR ACCEDER AU DOSSIER COMPLET, LIRE ICI SUR LE BLOG D'ANNIE LACROIX-RIZ >> http://www.historiographie.info/debats.html

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